Bruxelles est devenu un centre de pouvoir et d’influence incontournable.
Au quotidien, je suis pour LCI cette actualité européenne faite de grandes et petites décisions. Je vous propose ici de raconter les coulisses de ce « village européen ». Ses anecdotes, ses méandres, ses intrigues, ses contradictions, ses velléités et aussi parfois ses égarements.
Cela aurait pu tout aussi bien être Jean-Claude Juncker. Et ce fut Herman
Van Rompuy. Quelques heures à peine avant le début du sommet, le premier ministre suédois, président en exercice du Conseil, souhaitait présenter deux noms. Les deux qui ne provoquaient aucune
franche opposition : Jean-Claude Juncker et Herman Van Rompuy. Avec une légère préférence pour le premier, doyen des chefs d'Etat et de gouvernement, plus connu que le second qui n'a émergé sur la
scène européenne qu'en décembre dernier. Friedrik Reinfeld demande alors aux deux faiseurs de roi ce qu'ils en pensent. Angela Merkel ne voit aucune opposition à ce que le premier ministre
luxembourgeois soit en premier sur la liste mais Nicolas Sarkozy s'y oppose. Ensuite tout va très vite, Reinfeld soumet à l'approbation du conseil le premier nom selon la redoutable procédure du
silence. Pas d'opposition? Et bien Herman Van Rompuy est élu président du conseil européen. Les Luxembourgeois sont furieux et on les comprend. Nicolas Sarkozy niera ensuite que cela s'est passé
ainsi, sans convaincre. Les sources ont été recoupées : le président français a fait payer au premier ministre luxembourgeois sa supposée passivité lors du déclenchement de la crise financière
à l'automne 2008.