Hughes Beaudouin

Bruxelles est devenu un centre de pouvoir et d’influence incontournable.

Au quotidien, je suis pour LCI cette actualité européenne faite de grandes et petites décisions. Je vous propose ici de raconter les coulisses de ce « village européen ». Ses anecdotes, ses méandres, ses intrigues, ses contradictions, ses velléités et aussi parfois ses égarements.

 

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Hughes Beaudouin


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Mercredi 2 décembre 3 02 /12 /Déc 09:18
Les Britanniques sont furieux. Une semaine après la nomination de Michel Barnier au poste de commissaire européen au marché intérieur et aux services financiers, la couleuvre ne passe toujours pas. Ce poste là, éminemment convoité et transversal consiste à la réalisation effective d'un véritable marché intérieur européen, qui passe par les quatre principes fondateurs de l'Union : liberté de circulation des services, des capitaux, des biens et des personnes. Ce portefeuille, les Français ne l'ont jamais eu et c'est au moment où il devient encore plus stratégique qu'ils le décrochent. Avec la crise financière, les Européens se sont en effet engagés dans un vaste mouvement de régulation des marchés financiers, à rebours de l'idéologique qui dominait à Bruxelles depuis de longues années. Dans ce processus entamé à l'automne 2008, les Français ont été à la manoeuvre de façon très visible : d'abord sous présidence française, Nicolas Sarkozy a placé l'UE en première ligne pour amener la communauté internationale à accepter plus de régulation et de supervision du système financier et bancaire. Puis Jacques de Larosière, ancien patron du FMI. C'est lui qui à la tête d'un comité d'experts a tracé les grandes lignes du système européen de supervision. Enfin Christine Lagarde, élue "meilleure ministre des finances de l'Europe" par le Financial Times joue les "go between" de luxe pour concilier les points de vue américains et européens. Restait à placer un pion au sein même de la Commission européenne, dominée par des libéraux dont la régulation n'est pas forcément la tasse de thé. Voilà qui est fait avec la nomination de Michel Barnier, le "Régulateur" ainsi que l'appellent les Européens sans sourire.
Les Britanniques ont bataillé en coulisses pendant des semaines pour qu'au moins soit soustrait de son portefeuille la direction des services financiers. En vain. Nicolas Sarkozy, en déplacement au Brésil la semaine dernière, a pris le temps pour appeler son "ami" Barroso. La conversation fut franche et directe dit-on. Pas question pour Paris de laisser passer ce poste sur lequel la France a tout misé. En soutenant Barroso pour sa reconduction, en appuyant  sans réserve une Britannique pour le poste de Haut Représentant aux Affaires Etrangères et en ne présentant aucun candidat français à ces postes clés, Paris visait en fait une seule fonction : le portefeuille du marché intérieur. Barroso a cédé, au grand dam des Britanniques qui ne satisfont pas de la nomination aux côtés de Michel Barnier d'un directeur général britannique. Depuis, les Français s'évertuent à les rassurer. Christine Lagarde a confirmé mardi soir à Bruxelles que le président Sarkozy irait lui même à Londres dans quelques jours donner des assurances sur les intentions françaises. Louable démarche mais étrange tout de même. Ne serait-ce pas au président Barroso de le faire? Quant à Christine Lagarde qui croisera son homologue britannique ce mercredi à Bruxelles lors d'un conseil Ecofin, elle a opté pour la "french touch" pour amadouer les Britanniques. Elle remettra à son collègue Alistair Darling un coffret de macarons Ladurée. On espère qu'elle aura préféré le parfum "fruits moelleux" à celui de "menthe glaciale".
Par Hughes Beaudouin
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