Fraternité socialiste, version européenne

Publié le par Hughes Beaudouin

La scène se déroule à 17h30 ce mercredi 16 septembre dans l'enceinte du Parlement européen à Strasbourg. Le président de la Commission vient d'être confortablement réélu, avec notamment des voix socialistes. Pendant toute l'après midi les parlementaires européens, connus ou inconnus, ont fait part de leur réaction aux chaines de tv européenne qui ont installé leur équipements à quelques mètres de l'hémicycle. C'est le tour de l'allemand Martin Schultz, président du groupe socialiste au parlement européen. Ereinté après des dizaines d'interviews et surtout d'interminables réunions où il a tenté de négocier une position commune des socialistes européens sur la reconduction de Barroso, il se prépare à répondre à de nouvelles questions. Quelques instants avant l'interview, Martin Schultz fait quelques essais de voix. En général, les interviewés émettent alors quelques banalités, genre "1, 2, 3, il fait beau, je m'appelle X". Par précaution, ignorant s'ils sont enregistrés ou pas. Mieux vaut éviter de se retrouver dans le bêtisier de fin d'année ou sur Youtube dans la demi heure qui suit. Mais là Martin Schultz pourtant un habitué des médias audiovisuels, déroge à la règle. Et lance, glacial, la tirade suivante, dans un excellent français, regardant droit la caméra et sans la moindre once d'humour : "Les socialistes français, c'est comme les pigeons de la cathédrale. Quand ils sont en haut, ils vous ch.. sur la gueule, et quand ils sont en bas il vous bouffent dans la main !". A quelques mètres de là, la présidente de la délégation des eurodéputés socialistes français, répond à une interview pour une télé française. Martin Schultz ne pouvait pas ne pas l'avoir vu.... Rappelons que les socialistes français, opposants acharnés à la reconduction de Barroso, avaient bataillé durement les jours précédents pour convaincre leurs "camarades" européens de voter non. Voilà, c'était la minute " bienvenue en fraternité socialiste européenne".

Précision de Monsieur Martin Schultz. Le président du groupe de_l'Alliance progressiste des Socialistes et Démocrates au Parlement européen tient à démentir avec la plus grande fermeté la version décrite dans le texte qui précède. Monsieur Martin Schultz affirme ne pas avoir visé les socialistes français. Les collaborateurs de Martin Schultz apportent comme preuve pour étayer leur thèse un enregistrement vidéo. On y voit effectivement le président du groupe S&D prononcer la phrase incriminée sans le qualificatif "français".

Dans cet extrait vidéo, filmé le 16 septembre à 16h30 et transmis par la chaîne Euronews au groupe socialiste, Martin Schultz prononce la phrase suivante au moment où on l'invite à faire un essai de voix : "Bonjour messieurs, dames. Je suis Martin Schulz, président du groupe socialiste. Je suis un socialiste typique. Je promets tout et je ne tiens rien. (...) Les socialistes sont comme les pigeons de la cathédrale de Strasbourg. S'ils sont en haut ils chient sur toi, s'ils sont en bas ils mangent dans la main."

Le bureau de Martin Schultz apporte donc la précision suivante : "La scène décrite ne correspond pas à la réalité. On voit bien, lors de cet essai technique, que Martin Schulz pratique l'autodérision. Quant à la plaisanterie sur les pigeons, non seulement elle ne vise pas les socialistes français mais en outre elle n'a pas de contenu vulgaire".

Note de l'auteur du blog. Cette scène n'est pas celle qui fait l'objet du récit mis en ligne le 17 septembre. Le récit est donc maintenu dans son intégralité. Il y a divergence sur l’heure à laquelle les propos qui font l’objet de ce post ont été prononcés. L’extrait d’Euronews a été, semble-t-il, enregistré à 16h30 alors que la scène décrite ci-dessus se situe après 17h00, l’auteur du post et les autres témoins de la scène n’étant pas présents sur les lieux avant 17h00.

Par ailleurs, si la première phrase de l’essai technique avait été entendue ("Je suis un
socialiste typique, je promets tout et ne tiens rien"), elle aurait été sans aucun doute commentée car même dite avec humour, elle n’aurait pas échappé à l’attention de l’auteur de ce blog. Enfin, dans la phrase entendue, "Strasbourg" n’a pas été prononcé alors que Martin Schultz y fait spécifiquement référence dans l’enregistrement d’Euronews.

Dans un premier temps, l'équipe de Martin Schultz n'a pas démenti les propos rapportés, se limitant à préciser qu'il fallait les comprendre comme de l'humour "rhénan". Le bureau de Martin Schultz avait indiqué qu'un commentaire en ce sens serait ajouté au bas du post en signe d'apaisement. Ce qui n'a pas été fait. Un démenti est arrivé le mardi 23 septembre après l'obtention d'un extrait vidéo.

Ceci étant dit nous voulons bien admettre que tous ces propos ont été prononcés sans volonté de nuire, et avec humour, plusieurs sources nous ayant indiqué que Martin Schultz était assez familier de ce type de boutades.

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