Partager l'article ! L'étrange nomination de Monsieur Lellouche: "Qui? Nooon... Mais si !" Les trois mots les plus entendus en ce mercredi matin, le cénacle européen ...
Bruxelles est devenu un centre de pouvoir et d’influence incontournable.
Au quotidien, je suis pour LCI cette actualité européenne faite de grandes et petites décisions. Je vous propose ici de raconter les coulisses de ce « village européen ». Ses anecdotes, ses méandres, ses intrigues, ses contradictions, ses velléités et aussi parfois ses égarements.
"Qui? Nooon... Mais si !" Les trois mots les plus entendus en ce mercredi matin, le
cénacle européen apprenant la nomination de Pierre Lellouche au secrétariat d'Etat aux affaires européennes. Nomination assez illisible et qui manque pour le moins de cohérence. Un premier signe de
désintérêt pour le suivi des affaires européennes? Bruno Lemaire, en charge du dossier depuis 6 mois commençait à prendre ses marques. Sa connaissance de l'allemand a beaucoup fait pour rapprocher
Paris et Berlin. A Bruxelles, on commençait à s'habituer à ce jeune ministre, qui cultive la distance avec une certaine élégance. Se faire "apprivoiser" par les Européens n'est pas tâche
facile et demande du temps. Et voilà qu'on le remplace. Certes il évolue vers des fonctions dont la dimension est essentiellement européenne. L'expérience ne sera pas perdue. Mais c'est la
nomination du remuant Pierre Lellouche qui pose question. Pro-atlantiste convaincu, assez allergique à tout ce qui commence par "euro" ou "eura", le tout Bruxelles se rappelle ses sorties fort peu
diplomatiques sur l'inefficacité et le technocratisme de l'UE. Le profil "pro turc" du nouveau ministre suscite également moult interrogations. Certes, il suivra la ligne décidée par l'Elysée mais
au jour le jour, c'est lui qui va suivre le dossier, argumenter la position française, négocier l'ouverture de nouveaux chapitres d'adhésion. On le verra à l'oeuvre très rapidement. Les
négociations avec la Turquie viennent de reprendre, dans quelques jours le chapitre "fiscalité" devrait être ouvert. Bruxelles en tout cas espère que Paris n'est pas en train de renouer avec une
triste tradition chiraquienne : n'attacher aucune importance au secrétariat d'Etat aux affaires européennes en nommant des ministres peu motivés pour des CDD de courte durée.