Toilettes turques : la censure a frappé

Publié le par Hughes Beaudouin

Finalement les censeurs ont gagné la partie. Suite aux protestations des Bulgares, choqués de voir leur pays représenté par une série de toilettes turques dans l'exposition Entropa, la présidence tchèque de l'UE a accepté de recouvrir l'oeuvre d'un pudique drap noir. On ne sait finalement ce qui est le plus choquant, la provocation de l'artiste tchèque David Cerny ou cette censure qui refuse d'en porter le nom. Certes, l'oeuvre est maintenue mais dissimulée aux yeux des visiteurs par ce drap noir. En signe de deuil pour la liberté d'expression ? Cela pose définitivement la question de la conception qu'ont certaines autorités nationales et européennes de la liberté de l'artiste. Des retraits d'oeuvres, on a déjà vu. Mais là l'hypocrisie est flagrante : l'oeuvre est simplement cachée. Quel musée, quel lieu d'exposition accepterait une telle injure? Le cahier des charges imposé à l'artiste était pourtant clair : il s'agissait de provoquer, visualiser les clichés pour mieux les combattre. Objectif louable a priori et  atteint sans nul doute. L'Allemagne représentée par une série de tronçons de route en forme de croix gammée déformée n'a  d'ailleurs émis aucune protestation. Les Allemands savent que dans beaucoup de pays d'Europe orientale, le souvenir de l'Allemagne nazie est encore très présent. On peut le regretter mais la réalité est ainsi. On pourrait retitrer cette exposition "Tartuffe et Dorine" : cachez moi ces seins que je ne saurais voir....

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