TVA à 5,5% : l'Allemagne se laisse fléchir

Publié le par Hughes Beaudouin

On y croyait plus... mais c'était sans compter la persévérance de Nicolas Sarkozy, bien décidé à montrer qu'il est meilleur président que Jacques Chirac. Les Allemands, avalant leur chapeau, se sont déclarés ouvert à un compromis, lors du Conseil Ecofin de ce mardi. Bonne volonté confirmée à Christine Lagarde au cours d'un petit déjeuner en tête à tête. Certes, plus personne ne croit que la tva à 5,5% dans la restauration permettra de créer les dizaines de milliers d'emplois promis mais là on est uniquement dans le registre du symbole. Toutes les études européennes ou allemandes ont démontré qu'une réduction de tva dans la restauration n'aurait aucun impact pour l'emploi. Même à Bercy, dans les coulisses, on avoue ne pas être convaincu par cette mesure. Mais c'est l'Elysée qui décide et c'est bien son actuel locataire qui a lancé cette promesse : "C'est Jacques Chirac qui vous a fait cette promesse, c'est moi qui la tiendrai". A force de revenir à la charge, les diplomates français ont fini par exaspérer les Allemands. Victoire par épuisement de l'adversaire. Peer Steinbrück, le ministre allemand des finances, continue d'être convaincu que cette mesure ne servira à rien, mais bon l'ordre du volte face est venu d'en haut. Autrichiens et Danois qui avaient le même avis suivront probablement les Allemands. Reste à négocier les détails de cette mesure, à en évaluer l'impact et on peut s'attendre au prochain conseil européen en mars à une grande victoire française.. d'un coût d'environ 3 milliards d'euros. Mais effectivement quand on risque de friser un déficit de plus de 5%, on en est plus à quelques milliards près.

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