Maladresses tchèques

Publié le par Hughes Beaudouin

Pas facile d'assurer une présidence européenne. Les Tchèques en font la douloureuse expérience depuis quelques jours. Ils s'étaient pourtant bien préparés, de peur d'être accusés d'incompétence. Car la Tchéquie est le premier pays de l'ex-bloc soviétique a assurer la présidence de l'Union. Elle voulait être à la hauteur, oui mais voilà, on ne s'improvise pas fin diplomate en si peu de temps. On passe sur le supposé multilinguisme de son ministre des affaires étrangères. Le Prince Karel Schwarzenberg est certes en ce moment l'un des rares hommes d'Etat tchèque à redorer le blason d'une république eurosceptique secoué par de puérils conflits politiciens. Mais personne ne le comprend ou presque, quelle que soit la langue qu'il parle. Plus grave est la gaffe commise début janvier par Jiri Frantisek, son porte-parole, qui au nom de l'Union européenne a qualifié l'opération militaire d'Israël dans la bande de Gaza "de plus défensive qu'offensive". Tollé dans toutes les capitales européennes. Le porte-parole doit être vite désavoué par son ministre. Le Proche-Orient est également le théâtre de la gaffe suivante. L'UE tente début janvier une médiation entre Israël et les Palestiniens en envoyant sur place une délégation conduite par le ministre tchèque des affaires étrangères. Mais Nicolas Sarkozy est également sur place et bien sûr vole la vedette à la présidence tchèque qui avait oublié qu'au Proche-Orient, il est préférable d'éviter d'envoyer des ministres négocier avec des chefs d'Etat. Et ce n'est pas fini, quelques jours plus tard, les Tchèques devant jouer également les médiateurs dans le conflit gazier opposant Ukrainiens et Russes s'adressent dans un courrier à Vladimir Poutine le qualifiant de "Monsieur le Président". Oups... Medvedev est devenu vert de rage. Dernière maladresse en date, l'exposition Entropa censé être réalisé par 27 artistes européens. En fait l'artiste tchèque a roulé dans la farine son propre gouvernement et réalisé les 27 oeuvres lui même, en inventant 26 noms d'artistes européens, avec biographies fictives à la clé. L'exposition qui joue sur les stéréotypes nationaux fait polémique à Bruxelles. Les Bulgares ont demandé le retrait de la sculpture représentant leur pays couvert de toilettes version à la turque. Voir à ce propos l'article sur lci.fr la présidence tchèque piégée. Le gouvernement tchèque très embarrassé maintient tout de même l'inauguration officielle ce jeudi 15. On y sera...

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