Le faux pas européen d'Alliot-Marie

Publié le par Hughes Beaudouin

La ministre de l'Intérieur aime bien les journalistes qui écoutent et prennent des notes, mais pas plus. Des greffiers en quelque sorte... Lors du dernier conseil des ministres européens de l'Intérieur, sous présidence française, Michèle Alliot-Marie s'est présentée en salle de presse à l'issue de la réunion ministérielle, comme c'est la tradition, pour répondre aux questions des nombreux journalistes européens présents. Mais ce jour là, MAM avait décidé qu'elle se limiterait à une simple déclaration et qu'il n'était pas question de répondre aux questions. Elle avait déjà agi ainsi quelques semaines auparavant au grand dam de la presse européenne qui n'avait jamais vu un tel comportement dans une démocratie digne de ce nom. Mais cette fois-ci un journaliste allemand décide de ne pas laisser faire. Il interpelle vertement la ministre. La délégation française est stupéfaite : comment? on ose s'adresser à un ministre de la République française en ces termes. Le journaliste insiste, soutenu par ses confrères. MAM accepte finalement de répondre à une question, une seule. Faudrait tout de même pas exagérer, elle est ministre de la France; pas d'une vulgaire démocratie de bas étage... Sitôt sa réponse formulée, elle quitte la salle furibarde, sans un mot de salut... Plus étrange encore, à peine la ministre hors de vue,  un porte-parole français bondit sur le journaliste allemand et le remet sans ménagement à sa place devant ses confrères estomaqués. Décidément, la conception particulière qu'ont les autorités françaises du rôle de la presse aura surpris jusqu'au dernier jour nos confrères européens.

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