Henri Guaino et l'Europe : le torchon brûle

Publié le par blog-note-bruxelles

Il y eut d'abord quelques phrases assassines contre les institutions européennes pendant la campagne présidentielle puis au sommet européen de juin cette pique mémorable du conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, à quelques pas d'un porte-parole de la Commission européenne "mais vous ne comprenez pas qu'un jour tout ce machin va s'effrondrer" montrant du doigt le Berlaymont, siège de la Commission européenne. A chaque fois, les eurocrates relativisent et se disent que finalement Henri Guaino n'est qu'un conseiller, certes très spécial, du président de la République française. Il n'est pas élu du peuple et "ce n'est pas lui qui fait la politique européenne de la France". Ainsi que l'a rappelé très fermement un diplomate français de haut rang à une journaliste la semaine dernière. Mais bon, quand même. La semaine dernière, coup sur coup, Henri Guaino balance que la politique européenne de la concurrence est absurde et que le rôle de la BCE mériterait d'être débattu. Comprendre : les gouvernements devraient avoir leur mot à dire concernant la politique monétaire. C'en est trop pour l'exécutif européen. Vendredi matin, lors du dernier conseil européen, Jean-Claude Juncker, le très respecté premier ministre du Luxembourg et président de l'Eurogroupe, fulmine en coulisse. "Mais il ne comprend pas que l'autiste c'est lui. Le monde bouge, il faudrait qu'il le comprenne". Et un diplomate de surenchérir quelques heures plus tard : "Que ce soit bien clair, si on touche à l'indépendance de la BCE, l'Allemagne quitte immédiatement l'Union économique et monétaire. Là on aura tout gagné". Morale provisoire de l'histoire, la diplomatie européenne de la France gagnerait à être plus cohérente...

Publié dans blog-note-bruxelles

Commenter cet article