Le Benelux en vedette
Alors qu'aucun candidat à la présidence de l'Union ou à la fonction de Haut représentant ne semble se détacher, Herman Van Rompuy semble toujours le favori pour la présidence, même s'il a perdu quelques points après s'être exprimé en faveur d'une fiscalité verte européenne lors d'un déjeuner du cercle de Bilderberg. Un cénacle très chic et très discret réunissant hommes politiques, d'affaires, journalistes triés sur le volet. Immédiatement, la presse britannique, Daily Telegraph en tête, a lancé l'offensive anti-belge. Jean-Claude Juncker, le premier ministre du Luxembourg, semble avoir de nouveau les faveurs de l'Allemagne après une déclaration de soutien du président du Bundestag. Très probablement autorisé par Angela Merkel. Les Britanniques continuent de soutenir Tony Blair faisant mine d'ignorer qu'il n'a quasiment plus aucune chance. En coulisses, les diplomates britanniques s'activent, cajolent les journalistes, exercent un lobbying d'enfer auprès de certaines agences de presse. A Bruxelles, les journalistes britanniques tiennent le même discours : Blair est le meilleur candidat, c'est lui qui sera capable de donner un visage à l'Europe. "Oui mais quel visage !" rétorquent unanimes Belges, Luxembourgeois et Néerlandais qui eux ont chacun leur candidat. Le Benelux tient la vedette. Petits pays, mais pays fondateurs qui participent à toutes les politiques européennes. Leur brevet d'européanité est quasi incontestable. Mais bon, leurs candidats sont un peu ternes, peu connus hors d'Europe... et surtout un peu trop "masculins".
Où sont les femmes
Car depuis quelques jours, les femmes européennes se révoltent. Alors que tout le monde parle d'équilibre, nord/sud, est/ouest, gauche/droite, petit/grand, il en est qui ne semble vraiment plus une priorité, l'équilibre homme/femme. Alors que la Commission européenne est en phase de renouvellement, il apparait que seules 4 candidatures de femmes ont été à ce jour présentées. La Commission sortante en compte 8. La régression est patente. Alors en deux jours c'est une véritable offensive qui a été lancée pour appeler les Etats à soutenir des candidatures féminines. Issues de la plupart des groupes politiques du parlement européen, des députées ont manifesté ce mercredi, habillées en homme, portant cravatte, pour dénoncer cette Europe masculine. Et on sent que les diplomates européens sont embarrassés. ils semblent hésiter. Et pourtant des candidates, il y en a, Et une particulièrement, qui ne manque pas de bravoure. l'ancienne présidente de la Lettonie, Vaira Vike Freiberga est candidate déclarée.
Voilà une femme qui détonne dans le paysage politique européen. Alors que les hommes n'osent se déclarer et que certains et qu'une opacité complète couvre des négociations secrètes, voilà une femme qui assume son ambition. N'hésite pas accorder des interviews, à dénoncer les pratiques politiques moyennageuses des dirigeants européens. Alors c'est le buzz depuis le début de la semaine. Au grand dam des autres "candidats" qui ne savent pas comment riposter. La nomination d'un premier président de l'Union européenne devait offrir au monde un nouveau visage de cette vieille Europe et l'affaire tourne au ridicule. "Même l'élection d'un pape est plus transparente" lance excédé un diplomate suédois, habitué dans son pays à plus de transparence.
Mais que pense Paris?
Alors, état des lieux à quelques heures de l'échéance ? Le poste de président de l'Union ira probablement à un homme de droite... ou une femme et le Haut Représentant sera un social démocrate. Qu'il n'y aura probablement pas de Français, car Paris n'a présenté aucun candidat. Même si depuis mardi circule la rumeur d'une nomination d'Elisabeth Guigou au poste de haut représentant. On résoudrait du même coup le quadruple critère : femme, expérimentée, socialiste et issue d'un pays fondateur. Mais personne, vraiment personne ,de l'Elysée à Matignon n'a donné le moindre crédit à cette information. Encore une rumeur...D'ailleurs la position de la France intrigue. Chacun est bien conscient que rien ne sera décidé sans son accord, Certes, les nominations seront votées à la majorité qualifiée. Mais personne n'imagine que les principaux dirigeants de l'Union puissent être nommés sans l'aval de Paris. Cette fois ci la France n'a pas de candidat déclarée et est devenue soudainement très discrète depuis que son soutien à Tony Blair n'a servi strictement à rien. Une simple note des dirigeants du Benelux a suffi à discréditer la candidature de l'ancien premier ministre britannique. Ca rend modeste... Depuis Paris souffle le chaud et le froid. Laissant entrevoir un soutien au premier ministre belge, mais deux jours après n'excluant pas de soutenir le premier ministre luxembourgeois. Autre signe, la candidature de la francophone Vike-Freiberga - une amie de l'ancien président Chirac - est ouvertement soutenue et orchestrée par un think tank français, proche du Quai d'Orsay. Une coincidence ? L''Elysée en tout cas ne veut pas apparaitre dans le camp des perdants. Réponse ce soir jeudi, tard, peut être très tard. Le protocole du conseil européen a tout de même pris toutes ses dispositions au cas où. Petit déjeuner et même déjeuner pour vendredi ont été prévus...












On savait la Commission européenne complètement convertie aux OGM. Cela ne date pas d'hier.
l'exécutif Barroso 1 en a même fait une priorité, en dépit de résistances internes, notamment celle de son commissaire à l'Environnement, le grec Stavros Dimas. S'appuyant régulièrement sur des
arguments fallacieux, maniant la langue de bois avec un certain art, faisant semblant d'attacher de l'intérêt au débat public, usant de procédures juridiques avec un talent rarement atteint, elle
arrive progressivement à réaliser ses objectifs : imposer les ogm faisant fi des doutes exprimés par l'opinion publique et scientifique. Dernier exemple de ce cynisme, l'autorisation de
commercialisation de 3 OGM validée il y a quelques jours par l'éxécutif européen. Les circonstances de cette autorisation sont elles mêmes éloquentes et révèlent un état d'esprit pour le moins
contestable. Il s'agit de 3 types de maïs ogm produits par Monsanto, le Mon 89034 et 88017, et par Pioneer Overseas Corporation, le 59122xNK603, Ils ont été validés de façon plutôt cavalière par la
Commission, d'autant que tous les trois posent un certain nombre de questions du point de vue sanitaire.
Vendredi 30 octobre, 14h00. Fin du conseil européen. Les chefs d'Etat et de
gouvernement quittent les uns après les autres l'austère siège du Conseil, après pour la plupart s'être livré au traditionnel exercice de la conférence de presse. Herman Van Rompuy, le
premier ministre belge est de ceux là. Il se dirige vers un ascenseur, mais un agent d'entretien, en plein travail, oblige bien involontairement le Premier (c'est ainsi qu'on appelle
familièrement le chef du gouvernement belge) à attendre l'ascenseur suivant. Aucun signe d'agacement, bien au contraire, un sourire et un mot gentil pour saluer l'agent. Voilà Herman Van Rompuy,
un homme modeste, qu'on peut saluer simplement dans la rue. L'homme préfère son "chez lui" aux dîners en ville. C'est la modestie faite premier ministre d'un des pays les plus difficilement
gouvernables d'Europe. Et c'est peut être pourquoi depuis quelques semaines son nom circule pour occuper la fonction de premier président stable du conseil européen.
« C’est une météorite.
Elle s’est marginalisée d’elle-même dans le groupe ». Le propos de ce député européen UMP à l’encontre de sa collègue Rachida Dati est sévère. Et rejoint ce que la plupart des
autres eurodéputés pensent, sans parfois oser le dire. Ses absences répétées des réunions du groupe UMP, le sentiment qu’elle donne d’être toujours « ailleurs » même quand elle est là,
ont marginalisé l’ancienne garde des sceaux. "Elle a son propre agenda et de toute évidence, il n'a pas grand chose à voir avec l'Europe" explique malicieux un de ses collègues UMP. Déjà en
juillet, lors de la rentrée solennelle du parlement européen, ses collègues UMP s’étaient amusés du coup de téléphone reçu d’un collaborateur de Rachida Dati leur conseillant « de lui
transmettre systématiquement tous les dossiers médiatiques ». On en rit encore dans les couloirs du parlement...
La scène se déroule à 17h30 ce mercredi 16 septembre dans l'enceinte du Parlement européen à
Strasbourg. Le président de la Commission vient d'être confortablement réélu, avec notamment des voix socialistes. Pendant toute l'après midi les parlementaires européens, connus ou inconnus, ont
fait part de leur réaction aux chaines de tv européenne qui ont installé leur équipements à quelques mètres de l'hémicycle. C'est le tour de l'allemand Martin Schultz, président du groupe
socialiste au parlement européen. Ereinté après des dizaines d'interviews et surtout d'interminables réunions où il a tenté de négocier une position commune des socialistes européens sur la
reconduction de Barroso, il se prépare à répondre à de nouvelles questions. Quelques instants avant l'interview, Martin Schultz fait quelques essais de voix. En général, les
interviewés émettent alors quelques banalités, genre "1, 2, 3, il fait beau, je m'appelle X". Par précaution, ignorant s'ils sont enregistrés ou pas. Mieux vaut éviter de se retrouver dans le
bêtisier de fin d'année ou sur Youtube dans la demi heure qui suit. Mais là Martin Schultz pourtant un habitué des médias audiovisuels, déroge à la règle. Et lance, glacial, la tirade
suivante, dans un excellent français, regardant droit la caméra et sans la moindre once d'humour : "Les socialistes français, c'est comme les pigeons de la cathédrale. Quand ils sont en haut, ils
vous ch.. sur la gueule, et quand ils sont en bas il vous bouffent dans la main !". A quelques mètres de là, la présidente de la délégation des eurodéputés socialistes français, répond à une
interview pour une télé française. Martin Schultz ne pouvait pas ne pas l'avoir vu.... Rappelons que les socialistes français, opposants acharnés à la reconduction de Barroso, avaient bataillé
durement les jours précédents pour convaincre leurs "camarades" européens de voter non. Voilà, c'était la minute " bienvenue en fraternité socialiste européenne".
Cela se passe dans le bureau du Président du Parlement européen il y a quelques jours.
Lors d'une de ces rituelles réunions de cabinet. Le Polonais Jerzy Buzek, tout nouveau président du parlement, est encore dans l'apprentissage de ses nouvelles fonctions. Beaucoup de visites
protocolaires, beaucoup de serrages de mains, pas mal de voyages. Il faut concilier toutes ces obligations, un vrai travai d'orfèvre pour l'équipe des conseillers. C'est alors que plusieurs d'entre
eux mettent sur la table une proposition, de toute évidence mûrement réfléchie : "Monsieur le Président, faites acheter un avion par le Parlement. Cela devient impossible d'organiser vos
voyages". L'argument peut s'entendre. Il est effectivement compliqué d'organiser l'agenda d'un responsable politique européen qui passe une partie de la semaine entre deux aéroports . Mais en
pleine crise économique, alors que les institutions européennes sont sévèrement critiquées, en manque de légitimité, qu'un referendum compliqué s'annonce en Irlande, ,les conseillers du Président
Buzek ne trouvent pas mieux que de lui conseiller d'acheter un avion. Et à ce jour personne n'a encore eu le réflexe de bon sens de lui dire : non, c'est une très mauvaise idée...
"Qui? Nooon... Mais si !" Les trois mots les plus entendus en ce mercredi matin, le
cénacle européen apprenant la nomination de Pierre Lellouche au secrétariat d'Etat aux affaires européennes. Nomination assez illisible et qui manque pour le moins de cohérence. Un premier signe de
désintérêt pour le suivi des affaires européennes? Bruno Lemaire, en charge du dossier depuis 6 mois commençait à prendre ses marques. Sa connaissance de l'allemand a beaucoup fait pour rapprocher
Paris et Berlin. A Bruxelles, on commençait à s'habituer à ce jeune ministre, qui cultive la distance avec une certaine élégance. Se faire "apprivoiser" par les Européens n'est pas tâche
facile et demande du temps. Et voilà qu'on le remplace. Certes il évolue vers des fonctions dont la dimension est essentiellement européenne. L'expérience ne sera pas perdue. Mais c'est la
nomination du remuant Pierre Lellouche qui pose question. Pro-atlantiste convaincu, assez allergique à tout ce qui commence par "euro" ou "eura", le tout Bruxelles se rappelle ses sorties fort peu
diplomatiques sur l'inefficacité et le technocratisme de l'UE. Le profil "pro turc" du nouveau ministre suscite également moult interrogations. Certes, il suivra la ligne décidée par l'Elysée mais
au jour le jour, c'est lui qui va suivre le dossier, argumenter la position française, négocier l'ouverture de nouveaux chapitres d'adhésion. On le verra à l'oeuvre très rapidement. Les
négociations avec la Turquie viennent de reprendre, dans quelques jours le chapitre "fiscalité" devrait être ouvert. Bruxelles en tout cas espère que Paris n'est pas en train de renouer avec une
triste tradition chiraquienne : n'attacher aucune importance au secrétariat d'Etat aux affaires européennes en nommant des ministres peu motivés pour des CDD de courte durée.
Les Tchèques avaient commencé très fort leur présidence. Gaffes et autres
maladresses diplomatiques. Puis ils nous ont fait rire avec la désormais célèbre exposition Entropa. Les sorties contrôlées du président eurosceptique Vaclav Klaus ont aussi donné quelques sueurs
froides. Et on a eu droit à la pathétique chute du gouvernement Topolanek et l'arrivée au pouvoir du terne chef du bureau des statistiques. A un mois de la fin de la présidence, changer les
titulaires de tous les postes clés et reprendre au pied levé tous les dossiers aussi techniques soient ils n'a pas effrayé le moins du monde nos amis tchèques. A tel point qu'un éminent ministre du
gouvernement français me confiait il y a quelques jours "il est temps que ça se termine, je crois qu'on va craquer".
En une phrase, un diplomate français pose le décor : "On a écouté
Barroso présenter son programme. Puis il a quitté la salle mais on l'a quand même laissé finir son dessert" Jusqu'au bout, le président de la Commission aura dû subir l'humiliation imposée
notamment par le "Directoire" des grands Etats membres. Question de lui montrer, si c'était encore nécessaire, qui sont les vrais chefs à Bruxelles. Pas déstabilisé pour un sou, José Manuel
Barroso s'est déclaré à l'issue de ce pathétique entretien d'embauche "heureux". Voilà l'essentiel est fait en ce jeudi soir, jour de sommet. Le Parlement européen validera probablement cette
candidature, à moins que... Mais peu importe. Pour les 27, l'objectif est atteint, le président de la Commission est leur marionnette. Il ne tient sa légitimité que d'eux et peu importe si la
crédibilité de la Commission dûsse en souffrir. "Les 27 et Barroso viennent d'infliger un coup fatal à la future Commission" me déclare, amer, un haut fonctionnaire européen qui en a pourtant vu
des conseils, et des présidents de Commission. Les 27 ont joué le simulacre jusqu'au bout, avec l'incroyable complicité de Barroso. Le Portugais est venu présenter son "programme" lors du diner.
2 feuillets en anglais écrits au cours de la nuit. Une litanie de bonnes résolutions, d'engagements vagues, de beaux principes sur l'ambition européenne. Quelques mots sur l'agriculture pour
faire plaisir aux Français, sur la compétitivité pour faire plaisir aux Britanniques. Rien dans cette lettre sur l'élargissement, sur le développement, la Méditerranée, la libéralisation des
échanges, les voisins du Sud et de l'Est. Mais rien qui ne puisse choquer les diplomates français qui ne peuvent s'empêcher d'évoquer cette lettre avec ironie. Car tout cela n'est qu'un jeu de
dupes. A l'heure du déjeuner, il n'y avait qu'un porte-parole de la Commission, plus aveugle que jamais, pour faire les louanges du Président de la Commission : "vous êtes de mauvaise foi vous
les journalistes. Vous savez bien que tout ce qui n'est pas dans la lettre sera quand même prioritaire pour la prochaine Commission. Notre ambition est intacte" Alea jacta est....
Nommé au forceps et par défaut. Décidément, Barroso ne suscite aucun
enthousiasme en Europe. C’est l’apathie de la social-démocratie européenne qui semble être à ce jour son principal atout. Réunis à Luxembourg ce lundi pour notamment préparer le sommet européen de
jeudi et vendredi, les 27 ministres des Affaires étrangères ont fait le service minimum et n’ont concédé à Barroso qu’un « adoubement politique », lui refusant une « nomination légalement
contraignante ». Laissant ainsi ouverte la possibilité de changer d’avis si les choses tournaient mal au Parlement européen mi-juillet .